Trouble dissociatif de l'identité : Investigations non-verbales

Le trouble dissociatif de l'identité (TDI) est un trouble qui passionne, effraie et suscite beaucoup d'interrogations. Il a inspiré de nombreux films et livres à travers le temps.

Bref historique : 

En 1906, Morton Prince présente le cas spectaculaire de Clara Norton Fowler alias Christine Beauchamp qui fut l'une des premières personnes à avoir été diagnostiquée ayant plusieurs personnalités. Prince l'a guérit en réconciliant ces trois personnalités.

Le trouble de la personnalité multiple ou TDI est décrit pour la première fois en Amérique du Nord dans les années 1980 suite à l'affaire Milligan. Billy Milligan est arrêté à l'âge de 20 ans, aux États-Unis pour plusieurs crimes. Son procès a été sur-médiatisé à l'époque. À l'issue de son procès, il fut déclaré innocent pour cause d'irresponsabilité et de folie. En 1988, les différentes personnalités de Billy fusionnèrent en une seule et unique et fut donc déclaré guéri cliniquement. Il sorti de l'hôpital psychiatrique (son cas inspira le film Split sorti en 2017).



Le TDI, Quésaco ?

La dissociation constitue un des thèmes majeurs de la psychologie, de la psychopathologie et de la psychiatrie. La dissociation vue comme un défaut d'intégration des émotions, de la mémoire et de la cognition provoque une diminution de l'état d'éveil avec l'installation d'un état modifié de conscience (Kelley-Puskas et al, 2005). Le TDI est un trouble mental défini par un ensemble de critères diagnostiques comme un type particulier de trouble dissociatif, selon la CIM-10. Le diagnostic requiert un minimum de deux états de personnalité. Ces deux identités (ou plus) doivent prendre de manière répétitive le contrôle du comportement de l'individu avec une perte de mémoire.

Le TDI en Europe ?

Selon une étude Moyano et al., les expériences dissociatives apparaissent, chez les jeunes adultes français âgés de 17 à 30 ans, à une fréquence qui est loin d'être nulle. Les auteurs relèvent une moyenne des scores à l'échelle qui est sensiblement supérieur au seuil normatif. Toutefois ces expériences dissociatives peuvent apparaître fréquemment sans pour autant que les personnes se trouvent dans une situation à risque psychiatrique. Dans leur étude, les auteurs notent aussi que 13,7% des sujets ont atteint ou dépassé le seuil noté comme psychiatrique. Ceci montre l'importance que prennent ces vécus au plan épidémiologique et souligne l'intérêt qu'il faut y apporter. 

Le TDI et ses effets sur le cerveau ?

Grâce au PET SCAN (Tomographie par Émission de Positrons), il a été démontré la baisse de l'activité cérébrale des zones suivantes : cortex préfrontal médial droit, cortex associatif pariétal, cortex associatif occipital. Le cortex préfrontal est impliqué dans l'intégration de la conscience de soi. 
Une étude de Vermetten et al. (2006) a rapporté une diminution de l'amygdale et de l'hippocampe chez les patients atteints de TDI. Saxe et al. (1992) ont démontré que le changement d'état de personnalité ou switch est associé à des fluctuations significatives du flux sanguin dans le lobe temporal droit. Pour être plus précis le flux sanguin cérébral décroît dans les cortex orbitofrontaux droit et gauche chez les personnes atteintes de TDI et augmente dans le cortex latéral temporal ou bilatéralement dans le cortex occipital.

Trouble dissociatif de l'identité : comment voir le vrai du faux ?

De nos jours, pour faire la distinction entre TDI réel et TDI simulé, l'évaluation clinique doit comprendre : un entretien clinique approfondi, des mesures de dissociation grâce aux échelles et des mesures de simulation. Toutefois certaines études montrent que certaines personnes souffrant réellement de TDI obtiennent un score élevé à certaines sous-échelles de mesure de la simulation. 
Selon la Société Internationale pour l'Étude du Trauma et de la Dissociation (SIETD ou ISSTD en anglais), les cliniciens ou experts psychiatriques à la cour devraient être alertés quant aux manifestations comportementales de dissociation (posture, tenue, regard, battements des yeux, etc).
Selon Boon et Draijer (1995,1999) les personnes imitant un TDI incluent ceux qui par exemple se mette en colère ou sont sur la défensive si on leur demande plus d'explications, etc. 
Nous avons relevé dans ces études seulement trois indices comportementaux pour déceler les simulateurs. 

Nous avons donc entrepris une étude approfondie des patients TDI et des items corporels plus précis qui permettent de faire la distinction entre les simulateurs et les personnes réellement atteintes de TDI. L'analyse de nos résultats nous permet aujourd'hui de répondre à cette demande selon 7 angles d'analyse corporelle. Ce sont les sept grandes familles d'items corporels que l'on doit observer pour différencier les simulateurs des autres. Certains de ces items sont corroborés par l'imagerie médicale.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter : contact@profilhumain.com




Carole Vandermeulen & Stéphane Locatelli




Draijer, N., & Boon, S. (1999). The imitation of dissociative identity disorder: Patients at risk, therapists at risk. The Journal of Psychiatry & Law27(3-4), 423-458. 

Kelley-Puskas, M., Cailhol, L., D'Agostino, V., Chauvet, I., & Damsa, C. (2005, December). Neurobiologie des troubles dissociatifs. In Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique (Vol. 163, No. 10, pp. 896-901). Elsevier Masson. 

Moyano, O., Claudon, P., Colin, V., Svatos, J., & Thiebaut, E. (2001). Etude des troubles dissociatifs et de la dépersonnalisation au sein d’un échantillon de la population française adulte jeune. Encéphale, 27(6), 559-569


Saxe, G. N., Vasile, R. G., Hill, T. C., Bloomingdale, K., & Van der Kolk, B. A. (1992). SPECT imaging and multiple personality disorder. The Journal of nervous and mental disease180(10), 662-663.





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