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Littératie humaine : mieux observer, comprendre et communiquer

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Littératie humaine : mieux observer, comprendre et communiquer Nous apprenons à lire des textes, à interpréter des chiffres et à utiliser de nombreux outils techniques. Mais avons-nous réellement appris à comprendre les situations humaines sans juger trop rapidement ? Chaque jour, nous observons des regards, des gestes, des postures, des silences, des changements de ton et des réactions émotionnelles. Notre cerveau cherche naturellement à leur donner une signification. Pourtant, une observation isolée ne suffit généralement pas pour comprendre une personne, déterminer ses intentions ou expliquer son comportement. Un regard détourné peut être interprété comme un manque de sincérité. Des bras croisés peuvent être perçus comme une attitude de fermeture. Un silence peut être compris comme un refus. Mais ces interprétations sont-elles toujours justes ? La littératie humaine consiste à développer une lecture plus structurée, prudente et contextualisée des comportements humains. Elle nous ap...

Le développement personnel nous manipule-t-il ?

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Pendant longtemps, le développement personnel a été présenté comme une promesse lumineuse. Devenez la meilleure version de vous-même. Restez positif. Ne laissez pas vos émotions vous envahir. Transformez votre colère en gratitude. Respirez, souriez, pardonnez, avancez. Sur le papier, cela semble beau. Mais dans la réalité, cette injonction permanente à aller bien peut devenir une autre forme de violence. Car il existe une différence fondamentale entre accompagner une personne à mieux se comprendre… et lui faire croire que tout ce qu’elle vit dépend uniquement de son état d’esprit. Quand le “travail sur soi” devient une manière d’éviter le vrai problème Avez-vous déjà vécu cette situation ? Vous exprimez une colère légitime face à une injustice, et l’on vous répond : “Tu devrais travailler sur toi.” “Ne te laisse pas envahir.” “Tu attires ce que tu vibres.” “Si tu souffres autant, c’est que quelque chose en toi n’est pas réglé.” “Prends de la hauteur.” “Reste posi...

Affaire Richard Spencer : quand les stéréotypes empêchent de reconnaître une victime

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Le Britannique Richard Spencer — sans aucun lien avec l’activiste politique américain homonyme — a été victime de violences conjugales commises par son épouse, Sheree Spencer, dans une affaire jugée au Royaume-Uni. Son histoire rappelle une évidence trop souvent occultée : ni le sexe ni la carrure ne suffisent à désigner la victime et l’auteur. Reconnaître cette réalité n’impose toutefois ni de généraliser à partir d’un cas particulier ni de nier que les femmes restent très majoritaires parmi les victimes enregistrées. Richard Spencer avait, aux yeux de son entourage, une vie familiale et professionnelle ordinaire dans l’East Yorkshire. Concepteur de réseaux informatiques chez BT, il était aussi un homme physiquement imposant. Son épouse, Sheree Spencer, était de plus petit gabarit et occupait un poste à responsabilité dans le service britannique des prisons et de la probation. Cette apparence sociale et cette différence de stature ont contribué à rendre leur situation difficile à co...

De l’empathie au racisme : quand notre cerveau protège les siens… et exclut les autres

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De l’empathie au racisme : quand notre cerveau protège les siens… et exclut les autres L’empathie est souvent présentée comme une qualité noble. Une preuve d’humanité. Une compétence sociale essentielle. Et c’est vrai. Mais il existe une réalité moins confortable : notre empathie n’est pas toujours universelle . Elle peut être sélective, partiale, orientée parfois même dangereusement injuste. Nous pouvons être bouleversés par la souffrance d’une personne qui nous ressemble, qui partage notre langue, notre culture, notre groupe, notre histoire… et rester étonnamment froids face à la souffrance d’un autre groupe humain. Ce n’est pas forcément parce que nous sommes “monstrueux”. C’est parfois parce que notre cerveau social fonctionne avec des raccourcis. Et ces raccourcis peuvent devenir le terrain fertile du racisme. L’empathie n’est pas toujours neutre On aime penser que l’empathie est une lumière morale qui s’allume de la même façon pour tout le monde. Mais dans les faits,...

Comment peut-on encore penser qu’un homme violent peut être un “bon père”

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  Comment peut-on encore penser qu’un homme violent peut être un “bon père” ? On entend encore cette phrase. Trop souvent. “Oui, il a été violent avec la mère… mais avec les enfants, c’est un bon père.” Ou sa cousine tout aussi dangereuse : “Un enfant a besoin de son père.” Non. Un enfant n’a pas besoin d’un père violent. Un enfant a besoin d’un adulte sécurisant. Et il est temps de cesser de confondre présence paternelle et fonction parentale protectrice . Un homme violent dans le couple n’est pas neutre dans la parentalité La violence conjugale n’est pas seulement une affaire “entre adultes”. C’est une dynamique qui modifie toute l’architecture familiale : climat émotionnel, sentiment de sécurité, disponibilité psychique du parent victime, relation d’attachement, développement de l’enfant, perception de l’autorité, rapport à la peur et à la loyauté. Un enfant n’a pas besoin de recevoir les coups pour être impacté. Il peut être exposé à la peur, à la tension, au contr...

Quand l’agresseur tente de devenir la victime : le retournement rhétorique de la sénatrice paraguayenne face à Mbappé

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L’affaire aurait pu rester simple. Une élue tient des propos racistes contre Kylian Mbappé. Le joueur répond. L’indignation suit. La faute est identifiée. Mais très vite, le scénario bascule dans une mécanique plus sournoise : celle du retournement rhétorique . La sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, après avoir publié des propos racistes et animalisants visant Mbappé, ne se contente pas de retirer ses messages. Elle publie ensuite une lettre où elle reconnaît partiellement avoir mal agi, tout en demandant au joueur de s’excuser à son tour. Elle l’accuse même de violence de genre et menace d’actions légales. C’est là que l’affaire devient intéressante sur le plan psychologique. Parce qu’on ne parle plus seulement d’un dérapage raciste. On parle d’une tentative de reconstruction du récit. Le mécanisme : déplacer le centre de gravité Au départ, le centre du débat est clair : des propos racistes ont été tenus contre un joueur noir, français, publiquement exposé. Mais ...