La théorie de la conscience des relations : L’apport des travaux d’Elias Porter


En milieu professionnel, nombreux sont ceux d’entre nous qui ont à conduire des entretiens en vue de recueillir de l’information. Les exemples sont nombreux : prendre connaissance d’un sujet, un manager cherchant à clarifier un problème, un enquêteur souhaitant recueillir un témoignage, un conseiller ou un coach s’efforçant de cerner une difficulté de son client, etc. L’objectif est donc de créer les conditions pour l’expression authentique du sujet, afin de pouvoir recueillir ce qu’il sait (ou croit savoir), son opinion et son ressenti.

Dans ce cadre, l’interviewer a souvent du mal à trouver le bon canal relationnel pour s’adresser à son interviewé. En effet, il n’est pas toujours instinctif d’adopter une attitude mentale adéquate lors d’un entretien, celui-ci n’étant pas à confondre avec une conversation, un interrogatoire ou encore une discussion, un débat.

Un interviewer se doit de se montrer à l’écoute en observant une neutralité bienveillante. Dans la pratique, ce n’est pas une attitude qui émerge spontanément chez celui qui conduit un entretien.

Un premier constat : nous avons souvent tendance à projeter notre propre subjectivité : nos opinions, notre expérience, notre référentiel, nos croyances, notre manière de réfléchir, d’interpréter les informations et les situations, etc. Bref, nous ne sommes pas neutres et, sans nous en rendre compte, nous allons provoquer des réponses de notre interlocuteur qui ne correspondent pas réellement à ce qu’il sait ou croit savoir, pense et ressent. De ce fait, les informations recueillies ne permettront pas d’atteindre l’objectif initial.

Un deuxième constat : des tendances spontanées se manifestent chez tel ou tel des interviewers. Celui-ci aura tendance à juger tandis que celui-là tendra naturellement à apporter son soutien. Untel aura tendance à réfléchir à la place de son interviewé alors que tel autre le bombardera de questions, etc. A chacun de se connaitre sur ce point.


Les travaux d’Elias H. Porter, mais aussi d’autres chercheurs comme Carl R. Rogers ou encore Gordon W. Allport, ont permis de dégager une typologie des attitudes de l’interviewer. Ils ont analysé l’intention qui prépare l’individu à agir et ont observé les effets des différentes attitudes sur la relation, et donc sur la possibilité de recueillir, ou pas, les informations recherchées. Ils ont par ailleurs insisté sur la nécessité d’être centré sur son interviewé plutôt que sur le strict thème de l’entretien, ceci au travers de la notion d’écoute active.

Se former à la connaissance et surtout la pratique de ces attitudes et des types de relations qu’elles génèrent permet d’adopter celles qui faciliteront la communication et l’expression authentique du sujet. Au final, chacun y gagnera : l’un recueillant de l’information recherchée et l’autre ayant la satisfaction d’avoir été écouté et d’avoir pu s’exprimer librement.

Nos formations incluent un module consacré à cet aspect de la communication.

Karim Himeur

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